À propos
du théâtre

Mission et mandat

La mission du Théâtre de Quat'Sous est de produire et de diffuser des œuvres théâtrales en développant une esthétique singulière, qui met de l’avant l’audace et l’originalité.

Sensible aux démarches d’artistes qui cherchent à questionner notre art et notre société, le Quat’Sous se distingue par son travail de défrichage : nouvelles dramaturgies, paroles fortes et vision singulière du monde viennent s’y côtoyer. Chacun des directeurs artistiques du Théâtre de Quat’Sous a réaffirmé la place particulière de cette institution dans le paysage théâtral québécois, en colorant le mandat par sa propre interprétation. Une constante, cependant, se dégage au fil de sa riche histoire: le rapport intime avec les spectateurs qu’offre cette salle unique fait de ce théâtre un lieu où la prise de risque reste la seule certitude.

Le Quat’Sous programme à la fois des spectacles qu’il produit ou coproduit, et des spectacles produits par des compagnies extérieures qui offrent des échos à son mandat. Depuis 1985, il présente les Auditions générales, visant à faire découvrir de nouveaux artistes en leur permettant d’être vus et entendus par le milieu culturel.

Historique

En 1955, Paul Buissonneau crée une troupe avec laquelle il fait l’achat d’une synagogue qu’il transformera en théâtre dix ans plus tard avec ses complices Yvon Deschamps, Louise Latraverse, Claude Léveillée et Jean-Louis Millette. En 1968, il met en scène L’Osstidcho, un happening d’une rare vitalité théâtrale et musicale qui reste l’un des événements culturels ayant le mieux incarné les mutations des valeurs profondes de la société québécoise d’alors. Buissonneau offre également sa scène à deux artistes qui allaient former l’un des grands duos du théâtre québécois : André Brassard et Michel Tremblay. Ceux-ci seront fortement associés au Quat’Sous au fil des ans : Tremblay y a été joué 18 fois, Brassard y a signé… 24 mises en scène.

La comédienne Louise Latraverse prend la relève du fondateur en 1984. Dans l’esprit de son prédécesseur, elle poursuit la promotion de jeunes créateurs. Sous son mandat sont créées deux œuvres majeures de notre dramaturgie: Vinci, d’un certain Robert Lepage, et Being at home with Claude, de René-Daniel Dubois. Deux ans plus tard, c’est au tour de Louison Danis de prendre en main la direction artistique. Parmi les pièces qu’elle programme, Fragments d’une lettre d’adieu lus par des géologues, de Normand Chaurette.

En 1988, Pierre Bernard devient directeur artistique et présente Elvire Jouvet 40, une pièce phare en matière de réflexion sur le monde du théâtre. Traces d’étoiles, Variations sur un temps, le cycle Motel de passage et plusieurs autres pièces ont marqué son parcours. Défricheur des dramaturgies contemporaines anglo-saxonnes, découvreur de talents (Luc Picard et Sylvie Drapeau, entre autres, ont fait leurs premiers pas sous sa gouverne), Pierre Bernard réussit à faire du Quat’Sous l’un des foyers les plus vifs du paysage théâtral québécois. Robert Lalonde, qui assure un intérim durant la saison 1996-1997, continue d’inscrire le théâtre sous les thèmes chers à ces deux artistes : notre américanité, l’enfance, l’amour. C’est également à Pierre Bernard, épaulé par Andrée Lachapelle et Louisette Charland, qu’on doit le développement considérable des Auditions générales, mises sur pied en 1985. Rite de passage pour les finissants des écoles de théâtre, cet événement est devenu une institution en soi, une rencontre incontournable entre les artistes de la relève et le milieu professionnel.

Wajdi Mouawad assure ensuite la direction artistique de 2000 à 2004. L’ouverture aux différentes voix de la Cité s’inscrit au cœur des programmations ; la parole publique de l’artiste et le choc des idées font du Quat’Sous une agora incontournable. À travers un voyage passionné au coeur du monde, Novecento, La cloche de verre et Incendies ont été des oeuvres marquantes. Souhaitant laisser libre cours à des artistes qu’il admire, il offre entre autres des cartes blanches à Evelyne de la Chenelière et Eric Jean.

C’est d’ailleurs ce dernier, fort du succès d’Hippocampe, qui prend la barre du Théâtre en 2004. Créateur audacieux qui propose une dramaturgie éclatée et de nouveaux savoir-faire, Eric Jean programme des pièces où la recherche formelle est mise de l’avant. Des pièces telles que W;t, Opium_37, Les morb(y)des et Testament remportent un vif succès. C’est aussi sous son mandat que s’effectue l’un des plus grands projets du Quat’Sous, en gestation depuis tant d’années : sa reconstruction. En 2009, après avoir été démoli puis reconstruit, le Quat’Sous ouvre à nouveau ses portes : fier bâtiment de verre et de pierre, on y célèbre en grande pompe avec le happening poétique Dans les charbons.

En 2015, le Théâtre de Quat’Sous souligne ses 60 ans d’existence. Une programmation toute particulière est proposée pour l’occasion, dont la reprise d’un des grands succès du Quat’Sous : Variations sur un temps, avec une toute nouvelle distribution. Un livret-souvenir est également édité en collaboration avec Nouveau Projet, ainsi qu’une exposition de photos marquantes, présentée dans plusieurs cafés et lieux culturels montréalais. Peu de temps après, Eric Jean cède sa place à l’auteur et metteur en scène Olivier Kemeid. À l’automne 2016, celui-ci devient le nouveau directeur artistique et codirecteur général du Théâtre de Quat’Sous, lieu qui a accueilli ses premières œuvres et dans lequel il a été le plus joué au cours de sa carrière.

À propos du théâtre 1965
1965 Crédit photo : Ronald Labelle
À propos du théâtre
2015 Crédit photo : Julie Rivard