

Lancé en boutade par Claude Robillard, le nom de Quat’Sous est retenu par Paul Buissonneau pour présenter son équipe au Festival d’art dramatique du Québec en 1955. Neuf ans plus tard, la troupe fait l’acquisition d’une synagogue située au 100, avenue des Pins Est, en vue d’en faire son théâtre. C’est ainsi que le 3 décembre 1965, avec La Florentine de Jean Canole, Paul Buissonneau et ses complices Yvon Deschamps, Claude Léveillée et Jean-Louis Millette inaugurent un petit théâtre chaleureux de 159 places, mettant fin à dix années de nomadisme.
En mai 1968, Paul Buissonneau met en scène L’Osstidcho, qui révèle au public Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe et le Quatuor de jazz libre du Québec. Ce spectacle aux allures de happening, d’une rare vitalité théâtrale et musicale, restera l’un des événements culturels ayant le mieux incarné les mutations des valeurs profondes de la société québécoise d’alors. Paul Buissonneau quitte en mai 1984 la direction artistique du Théâtre pour se consacrer principalement à la mise en scène. Le 21 septembre 1998, il reçoit le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène, prix qui marque sa contribution exceptionnelle à la scène théâtrale.
En septembre 1984, la comédienne Louise Latraverse, grande complice des tout débuts, prend la relève et, dans l’esprit de son prédécesseur, poursuit la promotion de jeunes créateurs. Elle révèle, entre autres, le travail du Théâtre Repère de Québec et de Robert Lepage ainsi que René Daniel Dubois avec Being at home with Claude.
En septembre 1986, c’est au tour de Louison Danis de prendre en main la direction artistique. D’entrée de jeu, elle monte sur scène pour Écart-temps de John Hopkins, sous la direction d’Alexandre Hausvater. En 1987, avec In Extremis, elle propose une autre facette de son talent en traduisant Extremities de William Mastrosimone.
En 1988, Pierre Bernard devient le quatrième directeur artistique du Quat’Sous et présente en ouverture de sa première saison Elvire Jouvet 40, une pièce-phare en matière de réflexion sur le monde du théâtre.
Déjà, en 1985, il avait élargi le mandat du Théâtre en créant les Auditions générales du Quat’Sous. Depuis, grâce à leur initiative, trois journées par année sont mises au service des jeunes finissants des écoles de théâtre et des interprètes autodidactes.
Créateur et tisseur de liens, Pierre Bernard a su valoriser, en 12 saisons à la tête du Quat’Sous, une audace que les abonnés ont pris plaisir à endosser, année après année. Traces d’étoiles, Variations sur un temps, le cycle Motel de passage et plusieurs autres pièces auront marqué son parcours. Il a lui-même choisi son successeur, tendant la main à l’auteur, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad.
Wajdi assure la direction artistique du Théâtre de Quat’Sous de janvier 2000 à juin 2004. À travers un voyage passionné au cœur du monde, il a sans cesse questionné l’utilité de l’art dans nos vies, dans ce qu’il appelait le petit grand théâtre. Novecento, La cloche de verre et Incendies, ont, entre autres, été des œuvres marquantes. À son départ, Wajdi veut pointer un nouvel horizon pour la maison de l’avenue des Pins. Il souhaite un créateur pour lui succéder; un artiste qui aurait le désir de bousculer ce que nous connaissons de la direction d’un Théâtre.
C’est donc l’arrivée d’Eric Jean en août 2004. Cette saison est l’occasion de célébrer le cinquantième anniversaire du Quat’Sous. Créateur audacieux, Eric Jean propose une dramaturgie éclatée, de nouveaux savoir-faire. Ainsi, des pièces telles qu’Une ardente patience, Wit, Hippocampe et Opium_37 ont remporté un vif succès, tant public que critique. C’est au printemps 2009 que le Quat’Sous a pu célébrer en grande pompe sa réouverture, avec le spectacle Dans les charbons.
© Théâtre de Quat’Sous | 100, avenue des Pins Est, Montréal H2W 1N7 | Billetterie 514 845-7277